mardi 6 octobre 2026

Eiffel Eden

Tome 1

Paris a fini sous les eaux, et ce qui reste de l'humanité s'accroche au dernier monument encore debout : la tour Eiffel. Dans Eiffel Eden, la Dame de fer est devenue un refuge, une cité et une prison. Deux adolescentes vont décider de la faire trembler.

Couverture de la bande dessinée Eiffel Eden, tome 1, de Gwenn et Dario Tallarico : la tour Eiffel envahie de végétation émerge des eaux, observée par trois personnages

On a longtemps reproché à la tour Eiffel de défigurer Paris. Dans Eiffel Eden, c'est tout le reste qui a disparu. Le niveau des eaux a englouti la capitale, et les survivants se sont réfugiés sur les hauteurs de la vieille dame de fer, transformée en ultime bastion de l'humanité. Une arche verticale, en somme, où l'on ne monte pas deux par deux mais par castes.

Car la société qui s'y est reconstruite n'a rien d'un paradis, malgré son nom. Chaque habitant appartient à une caste identifiée par une couleur, et une figure toute-puissante, l'Ingénieur, fait rigoureusement respecter la hiérarchie. La règle la plus terrible concerne l'âge : à 60 ans, chaque citoyen doit se sacrifier pour le bien commun. Une retraite anticipée d'un genre très radical, que personne ne semble oser remettre en cause.

Personne, sauf Astate et Fève. Les deux adolescentes se découvrent une même soif de justice face à ce système implacable. Elles finissent par rejoindre un mouvement clandestin bien décidé à renverser la dictature qui règne sur la tour, quitte à ébranler tout l'édifice social patiemment bâti entre ses poutrelles. Mais se révolter a un prix, et ce premier tome pose déjà la question qui traversera sans doute toute la série : jusqu'où peut-on aller pour abattre un tyran sans lui ressembler ?

Derrière le pseudonyme de Gwenn se cache le politologue Thomas Guénolé, qui trouve dans la dystopie un terrain idéal pour parler de pouvoir, d'inégalités et de résistance. Il y prolonge ses réflexions sur la société, avec la liberté que permet la science-fiction. Au dessin, l'Italien Dario Tallarico, formé à Rome, déploie un trait dynamique et précis, qui fait de la tour un personnage à part entière. Le résultat est une dystopie à la française, dans la lignée des grands récits d'anticipation pour adolescents et jeunes adultes, qui offre au monument le plus célèbre de Paris un destin aussi inattendu que glaçant.

Planche d'Eiffel Eden : la tour Eiffel couverte de végétation se dresse au milieu des eaux Planche d'Eiffel Eden : deux adolescentes circulent entre les passerelles et les jardins suspendus de la tour Planche d'Eiffel Eden : une poursuite acrobatique à travers la végétation de la tour

Infos pratiques

  • Bande dessinée
  • De Gwenn, illustré par Dario Tallarico
  • Édité par Glénat – 88 pages – 17,50€
  • Site internet : glenat.com
Back To Top